hypnose et arret du tabac

Quand on parle hypnose et arrêt du tabac, le premier réflexe est de penser que les arnaques se multiplient… Alors voici quelques conseils qui vont vous aider à faire le tri entre les vrais thérapeutes de l’hypnose, susceptibles de vous aider à quitter la cigarette et les vrais arnaqueurs susceptibles de soulager votre portefeuille sans modifier fondamentalement votre addiction à la cigarette.

J’ai 35 ans de pratique en hypnothérapie derrière moi, et j’ai soutenu en 1991 ma thèse de doctorat en médecine sur les stratégies utilisables pour apporter du soin grâce à l’hypnose. Voici donc les différentes composantes qui vont vous permettre de savoir si l’hypnotiseur acquis auquel vous allez confier votre cerveau, mérite la confiance que vous lui accordez.

Le thérapeute prend le temps de connaître votre histoire

Première règle éthique, l’hypnotiseur doit prendre le temps de connaître l’histoire de son patient, les bons et les mauvais moments, et surtout de repérer les violences et les psycho-traumatismes que vous pourriez avoir subi au cours de votre vie. 30 minutes d’entretien sont un minimum requis pour éviter à l’hypnotiseur de faire des bêtises sur un terrain psychologique particulier.

Il définit avec vous les objectifs de la thérapie par l’hypnose

Deuxième règle éthique, l’hypnotiseur doit définir avec vous l’objectif que vous souhaitez atteindre, reformuler cet objectif afin de s’assurer que vous êtes bien en accord, et sur les modalités et sur les étapes nécessaires pour que vous puissiez obtenir satisfaction.

Il existe deux grandes stratégies qui permettent d’atteindre un état hypnotique :

La stratégie traditionnelle, consiste à apporter des suggestions répétitives permettant d’induire des perceptions physiques particulières chez le sujet, et de provoquer des comportements en cohérence avec les suggestions appropriées, pourvu que celles-ci ne soient pas en conflit avec les valeurs et les principes moraux du sujet.

La stratégie Ericksonienne, moins directive, permet au sujet de modifier ses comportements en conformité avec les métaphores du thérapeute, qui joue le rôle d’un accompagnant un peu plus permissif dans le cadre d’une rêverie presque éveillée.

La thérapie par l’hypnose n’est ni « magique » ni instantanée

Le candidat à l’arrêt du tabac, aime à imaginer une action rapide et magique lui permettant d’entrer dans le cabinet du thérapeute en tant que fumeur, et de ressortir totalement libre de son addiction au tabac. Certains fumeurs sont prêts à dépenser 500 euros en une seule séance pour arrêter de fumer, et ils n’oseront pas dire ensuite qu’ils se sont faits arnaquer, préférant continuer à fumer en cachette que d’avouer à leur entourage leur mésaventure.

Ce qu’il faut vérifier si vous vous lancez dans une thérapie par l’hypnose

Un tri est possible parmi les nombreuses offres existantes. Un diplôme de thérapeute, médecin, psychologue, infirmier, soignant diplômé d’État, offre un premier niveau de compétence, et une spécialisation en hypnothérapie, validée par un institut de bonne notoriété vous offre déjà une première sécurisation.

« Demandez à l’hypnotiseur quelles sont ses références et diplômes »

Vous pouvez et je pense que vous devriez systématiquement demander à l’hypnotiseur quelles sont ses références, quels sont ses diplômes, et recevoir une réponse facile et claire, qui sera le gage d’un respect mutuel indispensable pour cette pratique.

En cas de réticence ou de refus, de détournement d’attention, méfiez-vous, vous êtes sur une mauvaise piste.

Savoir si l’hypnose a fonctionné pour arrêter de fumer

La séance se déroule et vous voulez savoir si votre objectif, être définitivement dégoûté du tabac, est atteint ou pas.

Si le thérapeute s’est engagé sur cet objectif, qu’il vous a promis la réalisation de cet objectif à la fin de la première séance, vous êtes légitimement en droit de vérifier avant de payer si l’allumage d’une cigarette provoque chez vous le dégoût attendu. Si ce n’est pas le cas, je vous engage à ne rien régler avant d’avoir obtenu ce qui était convenu avec l’hypnotiseur.

Méfiez-vous très fortement de ceux qui vous proposent de régler d’abord, en vous assurant que vous pourrez ensuite revenir gratuitement faire d’autres séances si le résultat n’est pas satisfaisant.

Il est parfaitement légitime d’établir clairement un contrat oral ou écrit avec le thérapeute, précisant l’objectif à atteindre, les éventuelles étapes pour atteindre cet objectif, le maintien de cet objectif dans la durée, ainsi que l’engagement financier réciproque, si l’objectif n’est pas atteint.

L’hypnose est un outil d’une remarquable efficacité, pourvu qu’il soit utilisé dans d’excellentes conditions, avec un réel souci de bienveillance, et que le thérapeute soit en capacité de s’adapter aux sensibilités anxieuses, qu’il soit en mesure de repérer les sensibilités dépressives, qu’il comprenne l’histoire de son patient et des éventuelles violences subies, car ces éléments peuvent offrir à la cigarette des ancrages forts qui seront facteurs de reprise à distance, si l’hypnotiseur n’a pas pris soin de désamorcer toutes ces difficultés.

J’espère que ces quelques lignes vous permettront d’éviter des désagréments à venir et je serais ravi de recevoir vos témoignages et répondre à vos questions sur ce sujet de l’hypnose et de l’arrêt du tabac.

Jean-Noël Dubois
Médecin tabacologue

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